Je me demande si ce blog est lu... et par conséquent s'il existe un moyen quelconque pour des visiteurs étrangers ou égarés de tomber sur cette page ?
Je me demande aussi s'il est utile de continuer d'écrire un blog, même s'il n'est pas lu ? ou même s'il l'était, quand bien même : ne demeurerait-il pas tout aussi vain ? De la prétention
d'écrire...
Quoi qu'il en soit, l'absence de réactions du public "probable" de ce blog ne m'encourage guère... Dois-je vous supplier, vous, lecteur peut-être inexistant ?!
par K
publié dans :
Nombrilisme
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L'évènement musical de la fin 2007 et du début 2008, il faut bien le reconnaitre, c'est le dernier album d'Alizée ! (comment ça : ah bon ?!)
Si, si ! je vous assure : tout le monde ne parle plus QUE de ça ! (qui a dit : je ne suis pas tout le monde ?!)
Le retour d'Alizée, avec un troisième album, est en train de marquer toute une nouvelle génération de jeunes ! (qui vient pour la première fois de sa vie de se sentir soulagé d'être vieux ?!)
Bref ! Psychédélices, ce nouveau chef-d'oeuvre de la chanson française, caracole en ce moment même en tête de toutes les gondoles (qui se gondole après avoir demandé : à Venise ?!)
Bon, le plus grand intérêt de l'album, il est vrai, se résume principalement en trois vers (mais quels vers !), que je vous livre ici même :
Paris est féerique
Sans périphérique
La rue se meurt de tant de fureur
Enfin une chanteuse qui ose s'impliquer dans la vie citoyenne en se déclarant ouvertement en faveur d'une politique anti-voiture en ville !
Allez, ne boudons pas notre plaisir : une artiste engagée, c'est si rare aujourd'hui...
Entendu ce matin à la radio : "il ne reste de Gandhi aujourd'hui qu'une utopie"... et plouf ! Sentence désespérante dans une société toute entière attachée aux idéologies
capitalisto-matérialistico-libérale. Ce n'est pas un hasard si Jean-Marc Sylvestre, véritable axe du mal à lui tout seul, déblatère à longueur de matinée son amour pour l'argent roi sur la même
fréquence modulée... et ce n'est bien sûr pas un hasard non plus si le soixantième anniversaire de la mort de Gandhi, le 30 janvier, est passé totalement inaperçu dans un monde de cyniques
profits et d'individualismes nauséeux. Car quelle place encore accorder à ce prophète d'un autre âge qui prônait la justice et le partage dans nos civilisations d'économisme croissanciste à la
Jacques Attali, de scientisme aveugle à la Claude Allègre ou à la Michel Onfray et de domination guerrière et impérialiste à la George Bush ? Quelle place reste-t-il à l'amour de son prochain et
à la non-violence dans notre univers à feu et à sang, probablement sur le point de s'effondrer ? Gandhi, face à l'injuste partage des richesses, rappelait qu'il suffirait pourtant que "chacun
vive simplement pour que d'autres puissent simplement vivre". Tout ce que l'humanité pourrait avoir de plus beau me paraît parfaitement résumé dans cette phrase... qui n'est donc plus aujourd'hui
qu'une utopie, soit un rêve irréalisable ! A croire qu'un jour, les historiens du futur finiront par se demander si un homme comme Gandhi a véritablement existé dans un monde pareil. N'était-il
pas plutôt un mythe ? une légende ? un prophète, à l'instar d'un Jésus Christ prêt à tendre littéralement l'autre joue ?
Jeanne Moreau est à l'honneur en ce moment et il faut bien reconnaitre que c'est un vrai bonheur ! ARTE et France 2 ont diffusé quelques films, un hors-série Télérama va sortir en kiosque et la
Cinémathèque française va lui consacrer toute une rétrospective... Tout ça parce que ce petit brin de femme vient d'avoir 80 ans (peut-être plus toutes ses dents, mais en tout cas encore toute sa
fraîcheur!), le 23 janvier dernier.
J'ai revu
Jules et Jim avec délectation : cette histoire de trio amoureux respirant le vice et la perversité transparait à l'écran avec une pureté et une poésie inattendues. De plus,
certaines allusions à l'homosexualité latente entre les deux hommes du titre sont assez délectables aujourd'hui. Et même si Catherine, le maillon féminin du trio porté par la sublime Jeanne,
demeure absente du titre, c'est pourtant bel et bien elle qui porte et incarne le film de bout en bout...
Quant à
La mariée était en noir, cet autre film de François Truffaut diffusé lundi dernier, lui non plus n'a pas pris une ride. Cette histoire de vengeance, celle d'une femme que l'on a
privé de vie en tuant son mari à la sortie de l'Eglise où leur mariage venait d'être célébré, demeure terriblement efficace. Et même si le cinéaste a regretté par la suite l'aspect "apologie de la
vengeance personnelle" de son oeuvre, que l'on oublie finalement assez facilement, car tout l'intérêt du film n'est pas du tout là, il n'en revendiquait pas moins le contenu initial et primordial à
ses yeux : celui d'une histoire d'amour dénuée de scène d'amour. Car l'amour mène à la haine et parfois même aux crimes les plus atroces.
Et puis il y a eu aussi ce documentaire en forme de portrait, diffusé dimanche sur ARTE. Jeanne Moreau, du haut de ses 8 décennies et de son impressionnante carrière, est fascinante à écouter. On
pourrait l'entendre parler de sa vie, de ses films, de ses rencontres, pendant des heures et des jours... Ses petits airs malicieux de mamie bonhomme et délicieusement perverse, capable de dire à
propos des scènes d'amour des
Amants de Louis Malle : "On ne voit pas et c'est beaucoup plus bandant", sont un pur régal...
Tu n'as rien appris, sinon que la solitude n'apprend rien, que l'indifférence n'apprend rien : c'est un leurre, une illusion fascinante et piégée.
George Perec, Un homme qui dort
Le silence n'est rien et l'indifférence est impossible. De ce constat découle ma vie à venir, si avenir elle a encore.
Je suis passé par l'absence, le manque, le vide et le renoncement. Je me suis aperçu que le rien ne pourrait jamais m'aider, que la non-vie n'était pas non plus une vie. Je suis resté des jours,
des mois, des années, sans vie, sans vivre, sans rien ni personne. Fuir les autres pour ne plus souffrir de leur fausse présence. Mais c'est justement de l'absence des autres que naît en fin de
compte la plus grande souffrance. On ne peut pas vivre qu'un. On ne peut rester seul sans une immense vacuité intérieure. On finit par souffrir de notre propre présence. Si l'enfer c'est les
autres, demeurer seul c'est rencontrer le diable.
Je ne suis qu'un parmi d'autres. Un seul parmi vous, qui êtes autant d'un à la dérive, croisant parfois le chemin d'autres. Je ne suis encore personne. Mais j'aimerais devenir quelqu'un.
Modestement quelqu'un à vos yeux. Je veux croiser votre chemin moi aussi. Rencontrer. Connaître. Finir peut-être par renaître. Ou naître quelqu'un d'autre. Je vous attends.
Aujourd'hui, je ne vis plus. Je ne suis plus. Personne est devenu mon nom. Je m'en remets alors à vous...
Je suis un homme qui dort... et qui attend impatiemment d'être réveillé.
par K
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